Nouvelle page 1
 

 

Celle qui reste pour beaucoup l’éternelle " sans-culotte " du Jacky Show naît le 19 mars 1972 à Lille.

Marie-Laurence Nataf fait une école de commerce, sans conviction. Par peur de se " faire chier " toute sa vie, comme elle le dit elle-même, elle tente un casting pour une sitcom AB. Le phénomène est alors en plein essor, avec des succès comme  Premiers Baisers et Hélène et les garçons, et les deux pontes d’AB veulent créer une nouvelle série pour la fin d’après-midi de TF1, avec une lycéenne pour héroïne.

4 jours après le casting, celle qui trouve son pseudo par une contraction astucieuse (son père la surnomme depuis toujours " ma Laurie ") est sur le plateau de tournage du  Miel et les Abeilles. Le premier épisode, intitulé " Les abeilles attaquent ", est diffusé sur TF1 le 21 décembre 1992.

 

 

Le Miel…

L’argument ? Comme toujours pour les sitcoms AB, il tient en quelques mots : Lola Garnier, jeune et jolie jeune fille qui vit seule avec son père, rend fous d’amour tous les garçons de son entourage, et s’amuse souvent à en jouer. Mallaury Nataf apporte sa malice et son tempérament impétueux à son personnage de lolita, et la série rencontre dès ses débuts un franc succès, moins éclatant cependant que celui de la " saga Girard ". Après 52 épisodes mis en boîte, AB propose un contrat à la jeune femme, qui refuse par " peur d’être enchaînée ". Elle rappellera souvent dans la suite de sa carrière, non sans une certaine fierté, qu’elle était alors la seule actrice AB sans contrat.

L’univers de Lola tourne autour de : son père, Antoine (Gérard Pinteau), un veuf dépassé par son exubérante fille de 17 ans, et qui essaie tant bien que mal de refaire sa vie dans les bras d’Anne (Brigitte Lazaroo) ; sa bande de garçons enamourés, Eric (Eric Dietrich), Edouard (Romain Jouffroy), Richard (Olivier Vaillant) et Bruno (Eric Millot). A ce quatuor masculin viennent s’ajouter Johnny (Cyril Aubin), le rocker tendre qui surnomme les " abeilles " les " nazes ", et Giant Coocoo (Désir Bastareaud, disparu en début d’année 2005, qui a la particularité d’être le seul acteur de petite taille recensé dans le catalogue AB), le pote de Johnny, rocker lui aussi, dont l’expression fétiche est "Super choucroute ", ou encore Aristide (François Rocquelin), le moche à bretelles.

Tout ce petit monde s’agite sous le regard bienveillant de la gironde gouvernante, Melle Eugénie (Josy Lafont), toujours prête à préparer du pain perdu pour sa protégée, en cas de chagrin d’amour, et de M.Emile (Philippe Brizard), le cafetier du coin, remplacé plus tard par M.Albert (Guy Piérault).

 

 

…du succes

La série respecte à la lettre le cahier des charges qui deviendra la marque de fabrique des sitcoms AB : un épisode tourné par jour, décors pastels de cafets’ ou de chambre de jeune fille, intrigues sentimentales légères, personnages à la psychologie sommaire…

Pourtant, plusieurs éléments donnent une saveur particulière à la série. A commencer par le personnage principal, celui de Lola, franchement mutin, voire coquin, alors que les autres héroïnes AB comme Justine et Hélène semblent souvent trop fleur bleue, voire niaises.

Et certains personnages, comme ceux de Johnny et de Giant Coocoo, parviennent un peu à renouer avec l’esprit délirant qui faisait le sel des premières sitcoms AB, de Pas de pitié pour les croissants à Marotte et Charlie.

 

 

Au fil des épisodes, une cousine de Lola, Marie (Valérie Mélignon), viendra pimenter le tout par ses tenues affriolantes et son comportement peu farouche avec la gent masculine, ce qui atténuera du même coup le caractère provocant du personnage de Lola (la cousine va même jusqu’à draguer ouvertement son oncle !)

Tous les acteurs de la sitcom sont des familiers de l’univers AB : on avait pu voir Désir Bastareaud dans Les aventure de Dorothée, et on le reverra dans Les Nouvelles filles d’a côté, tout comme Cyril Aubin, et les fameuses " abeilles " tenteront également leur chance dans  Premiers Baisers  ou L’école des passions. Mallaury elle-même apparaîtra dans Les Filles d’à Côté en 1993.

Les séries AB cartonnent, et du lundi au vendredi, des millions de jeunes français rivés à leur téléviseur assistent aux aventures de Justine dans Premiers Baisers, puis à celles d’Hélène et les garçons, avant d’enchaîner sur Le Miel et les Abeilles, pour finir en beauté avec  Les Filles d’à Côté.

Le " phénomène sitcom " est incontestable (seul Le Collège des cœurs brisés fait un bide, à l’époque), et Mallaury, comme d’autres poulains AB, enchaîne les couvertures de magazines, les invitations dans les émissions du Club Dorothée ou de variété de TF1, et gagne alors 6000 francs par jour de tournage. Elle trouve tout de même le temps de tourner dans Jacques le Fataliste, adaptation contemporaine de Diderot, ainsi que dans un film espagnol, et de jouer au théâtre aux côtés de Cyril Aubin, son partenaire à l’écran.

 

 
L’affaire de la culotte

Et comme tant d’autres acteurs de la firme, elle aussi aura droit à sa chance discographique. En 1993, alors que le tube de Christophe Rippert, " Un amour de vacances ", squatte les premières places du Top 50, elle sort un single dont le titre-phare, plus parlé que chanté, s’intitule " Les filles, c’est très compliqué " (Harry Brater-P.Grillet).

 

 

Mais c’est le deuxième titre du single, " Fleur Sauvage " (Nataf-F2F-Porry-Salesses), qui plaisait beaucoup à Dorothée, qui marquera durablement les esprits, et pour cause. Mallaury profite d’une prestation au Jacky Show durant l’été 1994, pour interpréter cette chanson au double-sens coquin, sans culotte, et en faisant tourner sa jupe. La " rédaction " du mensuel Entrevue, alors dirigé par Thierry Ardisson, en fait ses choux gras à coups d’images arrêtées.

 

 

L’affaire fait scandale chez AB. Mallaury plaidera dans un premier temps non-coupable, en affirmant qu’elle portait bien une culotte, mais recouverte de fourrure. Puis elle affirmera simplement être sans complexes, et ne jamais porter de sous-vêtements dans la vie quotidienne.

Depuis, elle semble revendiquer ce geste comme une provocation assumée…et un gros coup de pub.

 

        

 

"C’est fini "

C’est le titre du 200è et ultime épisode du Miel, Mallaury Nataf ayant décidé de quitter AB Productions.

A l’écran, Lola choisit enfin l’amour en la personne d’Hervé (Hervé Noël), et Johnny repart seul, sur les routes, avec sa guitare comme seule compagne, en pauvre rocker solitaire… Après l’arrêt de la série, Mallaury reviendra en blonde platine dans un Noël de l’Amitié présenté par Dorothée.

Seulement les abeilles de la gloire tardent à bourdonner de nouveau aux oreilles de la jeune femme, qui va peiner à retrouver la popularité hors du système qui l’a façonnée.

Dans les mois qui suivent l’arrêt définitif de la série, elle pose pour des photos de charme, et apparaît dans deux téléfilms, Le Groom et Une femme explosive.

 

 

Elle retrouve le grand écran en 1996, avec un petit rôle dans la comédie Les deux papas et la maman, et un autre dans un film italien.

C’est également l’année où elle rejoint à nouveau le monde des séries télé en tenant le rôle de Sandra Robert, dans les dix premiers épisodes de Sous le soleil, toujours sur TF1. Une nouvelle fois, son tempérament fougueux la conduit à claquer la porte des studios.

 

 

Elle enchaîne alors les rôles dans les films de jeunes réalisateurs peu connus du grand public (Patrick Bagot, Julien Magnat, Antonin Seydoux), comme Scalp ! en 1998, ou Œil pour Œil l’année suivante, deux court-métrages, et multiplie les expériences théâtrales.

Dans les années 2000, elle souhaite s’investir durablement dans la promotion de jeunes artistes marginaux, qui ont du mal à se faire produire et crée donc " Bigoudi Productions ".

En dehors des circuits des majors, elle sort même un disque de chants de Noël, à la carrière très discrète.

Elle fait également paraître son autobiographie, A la vie, à l’amour (Manitoba éditions, 1994), ce qui lui vaut d’être l’invitée de Tout le monde en parle, le talk-show de Thierry Ardisson, encore lui !

L’animateur cite notamment des passages du livre où Mallaury raconte qu’elle était toujours " défoncée " lors du tournage des épisodes du Miel, car elle utilisait alors les drogues comme " outil d’expérimentation psychique ".

Ces " révélations " seront souvent reprises par ceux qui l’intervieweront par la suite, jusqu’à Marc-Olivier Fogiel en mai 2005.

 

Retour perdant ?

C’est en effet le 30 avril 2005 que Mallaury Nataf, devenue entre-temps " Malorie " puis " Mallory ", revient sous les projecteurs, en participant à l’émission de TF1  La Ferme Célébrités 2.

A 33 ans, mariée et mère de deux enfants, elle est ainsi la deuxième actrice estampillée AB à concourir dans une émission de télé-réalité, après Hélène Rollès dans  Première Compagnie, en février 2005.

Eliminée dès la première semaine, Mallory est depuis apparue dans différentes émissions de télé comme On a tout essayé, sur France 2, ou  + Clair, sur Canal +.

Elle en profite pour évoquer ses années de galère au RMI comme sa volonté affichée de faire  La Ferme pour l’argent.

Et interrogée sur l’ "époque AB " dans On ne peut pas plaire à tout le monde, sur France 3, elle affirme ne rien regretter et avoir fait la série par confiance et sympathie envers Jean-Luc Azoulay (c’est d’ailleurs lui qui aurait " appuyé " sa présence dans La Ferme auprès des responsables d’Endemol).

Jouant à fond la carte de la provoc décalée et de la franchise vacharde, elle anime de ses facéties délirantes les " prime-time " du show de TF1, et se prépare à sortir un nouveau single, intitulé Zoo.

Définitivement culottée.

 

 

 

FILMOGRAPHIE :

1992-1995 : Le Miel et les Abeilles, série télévisée, 200x26 minutes

Famille Fou rire, épisode géant réunissant les personnages principaux des

différentes sitcoms AB, ainsi que Dorothée, et diffusé sur TF1 le 31 décembre

1992.

1993 : Les Filles d’à Côté, série télévisée

1994 : Siete mil dias juntos, film espagnol de Fernando Fernan Gomez

1995 : Le Groom, téléfilm de Paul Racer

1996 : Les Deux Papas et la Maman, film de Jean-Marc Longval avec Smain, Antoine de Caunes et Arielle Dombasle

Une femme explosive, téléfilm de Jacques Deray avec Roger Hanin.

Forza Roma!, film italien de Bruno Garbuglia

Sous le soleil, série télévisée

1998 : Scalp ! court-métrage de Patrick Bagot

1999 : Œil pour Œil, court-métrage de Pierre Noguéras

Comme la plupart des sitcoms AB à succès, Le Miel et les Abeilles a eu droit à une sortie en vidéos, et à une déclinaison en romans.

 

DISCOGRAPHIE :

-1993 : Les Filles, c’est très compliqué/Fleur Sauvage, CD 2 titres, AB Hits/Stigler Records

-2000  : Chants de Noël, album.

Les deux titres du single sont également disponibles sur la compilation Stars TV  n°1.

 

Clément

RETOUR