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Dorothee et les enfants : " je rêve d’en avoir à moi…"
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Un sympathique clin d'oeil de la vedette à nos lecteurs...
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Cette
licence, la jeune fille ne l’obtiendra pas. En 1971 – elle a alors 18 ans
– Dorothée monte un spectacle théâtral avec quelques copains du lycée. Un
coup d’essai qui sera récompensé par le jury du " Concours inter-lycées " :
Dorothée se voit décerner le prix spécial d’interprétation. C’est à cette
occasion qu’elle se fait remarquer par Jacqueline Joubert, l’une des
responsables de la télévision française. " N’hésitez pas à venir me voir
un jour ou l’autre. Je sens que vous êtes faite pour la télévision ! " Un
conseil que la future vedette suivra 3 ans plus tard, en se faisant
engager pour animer les fameux " Mercredis de la jeunesse ". Adieu,
licence d’anglais ! Dorothée est bien partie. Mais, après les " Mercredis ", elle va subir un échec avec l’émission " Réponse à tout ", qui ne correspond ni à ses goûts, ni à ses aptitudes. Un directeur peu clairvoyant lui lance un cinglant " Vous n’êtes pas télégénique "… Huit mois de chômage. Dorothée en profite pour suivre les cours de danse et de claquette. Le découragement, l’amertume, connaît pas ! Jacqueline Joubert la contacte à nouveau, lui demande de se présenter au concours des speakerines d’Antenne 2. La suite est connue, du moins dans ses grandes lignes… - J’ai d’abord présenté " Dorothée et ses amis ", puis, en 1978, " Récré A2 ". Puis, je me suis mise à enregistrer des disques pour les enfants, un public pour lequel je désirai travailler depuis mes débuts. Animatrice, speakerine, comédienne… Notre interlocutrice ajoutera très vite une quatrième corde à son arc : comédienne. François Truffaut, frappé par sa présence au petit écran, fait appel à elle pour "L’amour en fuite ". Un an et demi plus tard, Robert Enrico l’inscrit au générique de " Pile ou face ", avec Noiret et Serrault. Les évènements se précipitent, s’entrecroisent. " Dorothée au pays des chansons " et " Dorothée et ses amis chantent.. ", 2 albums pas comme les autres en ce sens qu’ils parlent aux enfants un langage à la fois fantaisiste et intelligent, vont se vendre comme des petits pains. En avril 1981, la jeune femme " fait " son premier Olympia, entourée d’une trentaine de musiciens et de chanteurs. C’est un tabac ! Chantal Goya sait qu’elle n’est plus seule en piste… Puis, ce sera le spectacle " Dorothée tambour battant ", et tout récemment " Schtroumpfs ", très réussi, lui aussi. Nous évoquions Chantal Goya : Dorothée la considère-t-elle vraiment comme –le vilain mot ! – une concurrente ? - Absolument pas ! Pour la bonne raison que nous ne nous adressons pas aux enfants de la même manière et que, de toute façon, nous ne sommes pas trop de deux pour amuser un public aussi vaste… Cela dit, il m’arrive d’assister aux shows de Chantal et je sais qu’elle regarde parfois les miens. Nous nous entendons parfaitement bien. -Voyez-vous une différence entre la Dorothée de la scène, qui sourit aux enfants, et la Dorothée de tous les jours ? - Franchement, non. Je ne joue pas Dorothée pour le public, je me montre moi-même, telle que je suis vraiment. Vous savez, les enfants comprennent très vite si vous êtes sincère ou si vous ne l’êtes pas… Si je me suis levée de mauvaise humeur, si je ne me sens pas tout à fait dans mon assiette, je n’essaie pas de trop frimer. D’ailleurs, les gosses se chargent de me faire la remarque : " Dis, t’es pas bien, aujourd’hui ! " Mais, d’une manière générale, je trouve que les enfants se montrent très tolérants, plus compréhensifs que le public adulte. Si une grande personne aborde une vedette en rue pour lui demander un autographe et qu’il essuie un refus, il va râler sans tenir compte du fait que le chanteur ou l’acteur en question est peut-être très pressé, qu’il a de bonnes raisons d’agir ainsi. Le gosse, c’est le contraire : il m’est déjà arrivé – c’est rare, mais tout de même…- de refuser une signature par manque de temps et d’entendre le petit dire : " Ce sera pour la prochaine fois ! " Aimable, sympathique, Dorothée avoue cependant posséder en elle une certaine dose d’agressivité… Disons que je n’aime pas m’en prendre aux gens pour le seul plaisir de les ennuyer. Mais ceux qui m’agressent verbalement reçoivent en général la monnaie de leur pièce ! Pas question de me laisser faire ! Il m’arrive aussi de m’énerver pendant la répétition d’un spectacle, mais uniquement pour essayer de faire bouger les choses, certainement pas pour embarrasser l’un ou l’autre membre de l’équipe.
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Pour l’instant, Dorothée ne signe ni la musique, ni le texte de ses chansons. Elle se contente en général de suggérer aux auteurs certains sujets et, comme elle dit, " mettre mon grain de sel lorsque tout est terminé "… … Mais il est évident que tous mes collaborateurs travaillent grosso modo dans une même ligne. Je me refuse absolument à adopter des textes du genre " le petit lapin bleu avec ses grandes oreilles roses la la la " ! Je ne vois vraiment pas pourquoi certains se croient obligés de parler aux gosses un langage de débile mental. L’enfant n’est pas idiot : il est parfaitement capable de comprendre des phrases intelligentes, pourvu qu’elles soient adaptées à son âge. Quant à écrire moi-même mes chansons, je n’ose pas y songer : je suis trop feignante ! - A-t-il été facile de décider Drucker, Pivot et Bouvard à se transformer en acteurs ? Aucun problème ! Tous ont été enchantés par cette idée… et pivot a enfin pu prouver qu’il avait une jolie voix ! A Antenne 2, tout le monde se serre les coudes. C’est vraiment la chaîne où les gens se sentent les plus solidaires les uns des autres. Jusqu’à présent, la jeune vedette n’a pas encore trouvé l’occasion de présenter l’un de ses super-shows dans une salle belge : voici quelques mois, des difficultés de dernière minute l’ont empêchée de se produire à " Forest-National ". Mais ce n’est sans doute que partie remise… J’adore le public belge, que j’ai eu l’occasion de découvrir lors de passages à la RTBF, pour " Lollipop " notamment : je trouve les enfants plus spontanés chez vous qu’à Paris, par exemple. Et puis, LA grande question : Dorothée est-il son véritable nom ? Jusqu’à présent, l’idole des enfants avaient soigneusement évité de répondre. Mais on ne peut rien cacher au " Soir illustré ". - Bon… En réalité, je m’appelle Frédérique. Comme il s’agit, du moins euphoniquement, d’un prénom asexué, j’ai pensé qu’il valait mieux trouver quelque chose de plus typiquement féminin. Quelque chose comme Cunégonde ou Proserpine, vous voyez ? (Elle a un grand sourire.) Et puis, je me suis décidée pour Dorothée, que je trouvais vraiment mignon et que je considère aujourd’hui comme mon véritable prénom ! Ne le répétez pas à vos enfants…
Michel Marteau Photos Sygma.
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